STEVI-CODEX - (Le Code de Stevus)


Présentation du 17-12-2007 d'une étude en cours réalisée par Michel SAUVANT depuis janvier 2006 (Tous droits réservés,voir en Annexe 3)

SOMMAIRE        N.B. Possibilité d'accès direct aux têtes de chapitres
     1
PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE L'ÉCRIT DÉCOUVERT ( N.B. Carte des villages en page 3)      2 à 4
TRADUCTION EN FRANÇAIS DE L'ÉCRIT DÉCOUVERT       5
RAPPELS DES CONTEXTES HISTORIQUE, RELIGIEUX, LINGUISTIQUE ET MINIER      6
-- RAPPEL DU CONTEXTE HISTORIQUE DU 3e AU 9e SIECLE
-- RAPPEL DU CONTEXTE RELIGIEUX DU 3e AU 9e SIECLE
-- RAPPEL DE QUELQUES DONNEES LINGUISTIQUES
--RAPPEL SUR L'EXPLOITATION DU FER DES ENVIRONS DU CANIGOU

     6 à 8
HYPOTHÈSES CONCERNANT STEVUS ET STEVELUS      9
-- LES INFORMATIONS SUR LES AUTEURS STEVUS ET STEVELUS
-- RELATION POSSIBLE ENTRE STEVUS ET LES LIEUX DE CULTE CHRÉTIENS DU 4e SIÈCLE
     9 et 10
PRÉSENTATION DÉTAILLÉE DE LA RECONSTITUTION DE L'ÉCRIT DÉCOUVERT      11
-- DIFFICULTÉS DE RECONSTITUTION ET METHODES DE TRAVAIL
-- EXPLICATION DU MODE DE RECONSTITUTION SUR UN EXEMPLE
-- PRÉSENTATION DES NOMS DE VILLAGES UTILISÉS POUR LA SIGNATURE DE L'ÉCRIT
     11 et 12
ANALYSE QUALITATIVE DES RÉSULTATS DE L'ÉTUDE       13
-- VALIDATION ET AUTHENTIFICATION "OFFICIELLE" DU CODE DE STEVUS
-- CRÉDIBILIT
É
DU CODE DE STEVUS
-- CERTITUDES, HYPOTHÈSES, PISTES
-- ERREURS ET INCERTITUDES POTENTIELLES

     13 à 15
CADRE DE L'ÉTUDE EN COURS      16
-- GÉNÈSE DE LA DÉCOUVERTE
-- PUBLICATIONS
-- CONSEQUENCES DE L'EXISTENCE DU CODE DE STEVUS
-- BIBLIOGRAPHIE  
-- CURRICULUM VITAE RÉSUMÉ

     16 et 17
ANNEXE 1 - TABLEAUX RÉSUMANT LA RECONSTITUTION DES 138 TOPONYMES LATINS CRÉÉS PAR STEVUS ET STEVELUS      18 à 28
ANNEXE 2 - FICHE TECHNIQUE DES NOMS DE 12 VILLAGES FORMANT SIGNATURE DU CODE DE STEVUS      29 à 33
ANNEXE 3 - DROITS RÉSERVÉS ET RESPONSABILITÉS LIMITÉES      34
ANNEXE 4 - HISTORIQUE DES MODIFICATIONS DEPUIS LA VERSION DE MAI 2007      35

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE L'ÉCRIT DÉCOUVERT


En pensant aux noms des 3 villages de Claira, Pia et Espira-de-l'Agly alignés le long de l'Agly, et à ceux des 3 villages de Clara, Seners (St-Jean de) et Espira-de-Conflent alignés au pied du Canigou au-dessus de Marquixanes, j'ai eu l'intuition que ces 2 triades de noms évoquaient la Trinité chrétienne.
En effet Clara et Claira me faisait penser à Dieu qui nous éclaire ; Espira me faisait penser à l'inspiration des hommes par le Saint-Esprit ; Pia m'évoquait la pié envers Jésus, appelé aussi Seigneur, nom évoqué par Seners. Cela ne me semblait pas être un hasard. Et la distance de 50 kms entre les deux triades m'incita à regarder les villages entre ces deux "trinités".

J'ai alors travaillé en appliquant aux autres villages des méthodes mathématiques et organisationnelles pour la recherche de structures existantes dans des ensembles apparemment flous, méthodes mises en oeuvre pendant ma vie professionnelle, puis en appliquant les méthodes littéraires de l'onomastique, la science qui étudie le sens des noms propres, et ma connaissance du latin.
Et cela m'a fait découvrir les traces d' un écrit en latin du 4e siècle, encore présentes dans les noms de nombreux villages des Pyrénées Orientales (avec un peu de l'Aude).

Du fait que les mentions médiévales de ces toponymes sont plus proches des noms latins d'origine que les noms actuels, et que certains villages sont disparus, je me suis fondé sur ces mentions. Ainsi  ma principale "pièce de base" est constituée des diverses mentions médiévales de 138 toponymes. Elles figurent dans les ouvrages d'onomastique de Lluis Basseda (1914-1981) et de Joan Coromines (1905-1997); ces derniers se sont fondés eux-mêmes sur des travaux de recherches historiques faits surtout par Bernard Alart (1824-1880), mais aussi par Pierre Ponsich (1912-1999).

Le présent document contient les parties les plus simples de mon étude, ainsi que mes hypothèses de reconstitution de l'écrit.
Il faut bien noter qu'à ce jour je n'ai trouvé ni texte reprenant tout ou partie du contenu de cet écrit, ni texte mentionnant l'existence de cet écrit, ni texte évoquant les 2 auteurs de cet écrit.
Donc cet écrit doit être encore considéré comme un écrit virtuel, car c'est une
reconstitution de l'écrit réel.
Sachez que bien des textes anciens ne nous sont connus que par les commentaires d'un autre auteur. Et que j'ai suffisamment de preuves pour avoir la certitude de l'existence d'un écrit réel très ressemblant à ce que je vous présente ici.

Les caractéristiques de cet écrit pourraient bien en faire quelque chose d'unique au monde. En effet le sens précis des toponymes concernés n'apparaît qu'en regroupant bien les noms de villages proches par trois. La plupart des ces triades de villages correspondent à une petite phrase. Parfois il faut deux triades pour former une phrase plus longue. Le contenu des phrases constitue des messages indépendants les uns des autres témoignant d'informations probablement  importantes pour les premiers chrétiens qui vivaient dans les années 300 à 360 de notre ère dans ces villages.

Cet écrit fait donc découvrir ce que je considère comme le vrai sens de 138 toponymes ( il y a 132 villages, et 6 montagnes). Les 132 villages se répartissent en 123 villages de l'écrit de  base ( 111 pour le "texte", 12 pour ce que j'appelle la "signature de ce texte"), et 6 villages que je considère "apocryphes", ainsi que 3 villages " hors-texte ", lieux de résidence des auteurs.

L'écrit découvert est signé et daté, ce qui participe à crédibiliser ma découverte. Cette "signature" porte sur 4 triades, soit 12 noms de villages dans les Fenouillèdes et le Sud de l'Aude. Elle contient la clé du code (= les noms sont groupés par 3 ), le nombre de villages de l'écrit (=123 noms), la date de la fin de l'écrit (=  359 après J.C.) et le nom du signataire, un certain STEVELUS. Plusieurs indices montrent qu'il est le fils d'un certain STEVUS, dont on trouve la trace dans 4 toponymes; et que ce STEVUS est l'initiateur et principal auteur de l'écrit.
En effet STEVELUS a donné leurs noms à 6 autres villages pour établir le lien entre la signature et l'œuvre de son père. Il a également dénommé 6 montagnes pour faire 2 "notes" d'aide à la découverte de l'oeuvre; d'autres "notes" restent peut-être à découvrir parmi les montagnes.

Ainsi, en dehors des 3 villages "hors texte", il y aurait 105 noms de villages créés par STEVUS, et 30 toponymes créés par STEVELUS (je suppose là qu'il a créé les 6 villages apocryphes). 
J'ai nommé cet ensemble "Code de STEVUS", ("STEVI CODEX" en latin).
J'ai employé le mot "Code" à cause de la codification triadique appliquée par les auteurs, mais aussi parce que certaines phrases de l'écrit relatent des usages, un peu à la façon des articles d'un code juridique. J'utilise aussi parfois l'adjectif " stévusien " pour distinguer les toponymes concernés au sein de tous les toponymes actuels locaux.

Ces villages et montagnes sont dans le Roussillon, le Vallespir, le Conflent, les Fenouillèdes et les vallées hautes de l'Agly et du Verdouble dans le département de l'Aude.
Sous réserve de preuves contraires, cet ensemble paraît correspondre à la " Civitas Ruscinonensis " (" pays de Ruscino ", subdivision de la Narbonnaise gallo-romaine) au début du 4e siècle.

Au centre géographique de l'ensemble des villages de l'écrit, il y a 3 villages ayant des noms d'origine latine, mais apparaissant sémantiquement en dehors de l'écrit, car leurs noms désignent les résidences des auteurs; ce sont ceux que je nomme villages " hors texte ". J'interprète leurs trois noms comme suit : Baillestavy ="villa de STEVUS" (= en latin " Villa Stevi "), Corsavy = "2e résidence de STEVUS" (= en latin " Cohors Stevi"), et Estoher = "chez le fils de STEVUS" (= en latin " A Stevi hero ").
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Les 2 triades faites de noms de 6 sommets sont sur les territoires actuels de Baillestavy, d'Estoher et de Caixas.
Ces indices, et d'autres, semblent montrer que STEVUS possédait l'ensemble du flanc minier du Canigou, y compris une partie des Aspres.


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A travers les auteurs latins classiques seuls une dizaine de toponymes du pays de Ruscino au 4e siècle sont connus de nos jours.
Il y a deux " villes ": Ruscino et Illibéris, laquelle devient Castrum Helena entre 328 et 350. Il y a 5 lieux devenus des villages: Salsulae (= Salses), Portus Veneris (= Port Vendres), Cervera (= Cerbère), Summum Pyreneum (Le Perthus) , Aquae Calidae (probablement Amélie les Bains), ainsi que 3 ou 4 " zones de services " sur la voie Domitia.
Par contre on n'a pas trouvé de trace de nom de villages datant de l'époque romaine aux endroits des ruines romaines importantes (Bains d'Arles à Amélie, aqueduc d'Ansignan, villa dite "Acutianum" à Saint-Estève...), ou aux endroits où on a retrouvé des traces d'habitat gallo-romain.

Entre les villages stévusiens il existe aujourd'hui des villages qui ont des noms dont l'étymologie rattache leurs dénominations à d'autres époques : Noms de lieux-dits celtes (ex. Conat, Tarerach, Villerach), noms de saints attribués au Haut Moyen Age (ex. Saint-Laurent, Saint Hyppolite), autres noms du Moyen Age (ex. Montauriol, Valmanya), et noms plus récents (ex. Amélie les Bains, Los Masos, Villelongue). J'en conclue que ces autres villages n'existaient pas au temps de STEVUS.
Cela vaut pour les villes de Céret, Ille et Prades; ce qui est corroboré par deux types d'informations :
- il existe des étymologies simples utilisant des mots du Haut Moyen Age en relation avec la nature des lieux :"ceriseraies" pour Céret, "île" dans la toute proche rivière Têt pour Ille, "prés" pour Prades.
- les historiens expliquent que le développement des nombreuses petites villes en des sites centraux bien accessibles correspond à l'organisation économique médiévale (foires, confréries artisanales) différente de l'organisation économique romaine, où les villes se limitaient aux centres de pouvoir. 
J'avance donc l'hypothèse que les villages "stévusiens " étaient probablement les seuls qui existaient au 4e siècle dans la " Civitas Ruscinonensis " en dehors de Ruscino et Illibéris/Elne.
L'évolution de ces noms depuis le 4e siècle peut être bien expliquée d'une part par les règles de la phonétique historique qui étayent les "mutations naturelles des noms", d'autre part par les évènements historiques (wisigoths, occupation carolingienne, pouvoir local catalan, intégration à la France) qui ont engendré des "mutations de noms décidées". A ce dernier titre, je souligne une hypothèse qui m'est chère : les érudits carolingiens ont retouchés certains noms pour leur donner un sens qu'ils croyaient reconnaître, ces noms se retrouvent ainsi historiquement avec 2 significations (ex: Sorède).

J'ai pu aussi dater approximativement la création de chaque triade. J'ai trouvé ces dates par rapprochement du contenu sémantique des phrases avec l'Histoire attestée des premiers chrétiens au 4e siècle. Ces noms ont été attribués sur une période allant des environs de l'an 305 jusqu'à l'an 359.
Les triades bien datées, et diverses informations, dont le classement des triades par thèmes, révèlent une probable création progressive des noms "en tache d'huile", autour d'un centre constitué des résidences de STEVUS et STEVELUS ( Baillestavy. + Corsavy + Estoher).


Je pense donc que STEVUS a surtout voulu laisser un témoignage des évènements importants pour lui au sein de la communauté chrétienne de son époque.
Je souligne que ce contenu très chrétien du Code de STEVUS, amorcé sur les flancs du Canigou, pourrait avoir un lien avec l'origine de l'expression "Canigou, montagne sacrée".

Sur les 138 toponymes stévusiens, 9 n'ont plus de traces parmi les toponymes actuels, dont 7 du fait que des villages ont changé complètement leurs noms au Moyen Age. Par contre 117 toponymes sont à l'origine de noms de communes ou de hameaux d'aujourd'hui, et 12 sont à l'origine d'autres noms de lieux. Seuls 2 toponymes n'ont pas pu être localisés avec certitude.
Le Code de STEVUS constitue donc un apport important dans la connaissance de l'Histoire du Roussillon et des vallées.

Le lecteur en sait maintenant assez pour prendre connaissance du texte français de l'ensemble des triades.
Après ce texte suivent une vingtaine de pages pour présenter des extraits de l'étude en cours.

Mais le lecteur pressé peut se rendre en annexe 1 où il trouvera le tableau le plus fondamental de cette étude montrant la correspondance entre les toponymes actuels, les toponymes du Moyen-Age  et les noms latins, tels que je les ai reconstitués. N.B. J'ai effacé dans cette annexe 1 un tiers des noms latins, dont la forme exacte ne me paraît pas encore assez bien reconstituée.
Avertissement de l'auteur :

Les informations du présent document constituent une grande partie de ce que je suis capable d'argumenter, principalement via les données historiques et la linguistique.

Je précise que je ne peux exclure une part d'interprétations erronées, ainsi qu'une part de toponymes stévusiens non encore trouvée; des ajustements futurs sont donc encore possibles.
Par ailleurs il doit être clair que personne n'aura jamais la certitude sur la reconstitution, tant qu'aucun texte original ne sera retrouvé.
Cependant il y a plus de raisons de croire qu'on ne le retrouvera jamais, que de raisons du contraire.
C'est pourquoi il y a tout lieu de considérer dès maintenant cette reconstitution comme un progrès sur la connaissance de l'origine des noms des villages et montagnes concernés.
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TRADUCTION EN FRANÇAIS DE L'ÉCRIT DECOUVERT


Aide à la lecture concernant les 2 pages suivantes :
Ces 2 pages sont faites pour être éventuellement utilisées séparément pour présenter le contenu sémantique du Code de STEVUS.
Dans chaque ensemble présenté les phrases sont dans l'ordre supposé de leur création. Cependant certains ensembles ont des périodes de création qui se recouvrent .
Les " … " séparent des morceaux de phrases venant de triades différentes. Seuls les mots en gras correspondent aux mots du texte latin, mais pour la bonne compréhension des phrases trop concises en traduisant le latin en mot à mot, j'ai ajouté des mots en caractères non gras.
Pour expliquer certains points j'ai ajouté des commentaires en italique et entre parenthèses.
Les phrases en liaison avec un fait historique, donc un fait datable, sont suivies d'une parenthèse avec mon hypothèse de date de création de la triade.
45 triades sont présentées ici. La triade apochryphe la plus incertaine, et la triade "hors texte" ne sont pas présentées ici.


PARTIE FAITE PAR STEVUS de l'an 305 environ à l'an 358 ou 359

Une première triade d'introduction évoquant la Trinité (Dieu, Jésus, et le Saint-Esprit),

Il (= Dieu) nous éclaire ; le village du Seigneur ; Il (= Le St-Esprit) nous inspire.

Six triades évoquant les persécutions puis les martyrs

Il y a des gens souffrant de sanglantes mises à mort dans les arènes. (Avant 313)
Celui qui va être persécuté est extrait du groupe en le pointant de la main. (Avant 313)
C’est au milieu des plaisanteries que sont prononcées les condamnations inflexibles de ceux qui vont être exécutés par le bourreau. (Avant 313)
Ils étaient ravis de faire repasser des gens, en partie enchaînés entre eux, … sur des charbons les brûlant jusqu'aux os. (Peu avant 313)
Tout bienheureux coupé en morceaux ressuscitera de ses cendres. (Peu après 313)

Une triade de transition au moment où le christinisme est toléré

Fini la Divinité Soleil ! Le Nouveau Dieu est notre rite. (313 ou peu après)

Cinq triades relatives à l'arianisme où l'on voit que l'auteur le soutient
.

Lis l'Evangile de Marc à propos de Jésus : On y voit que c'est d'une mère que celui-ci est né. (318 ou peu après)
Selon Arrius : le Fils bien aimé seconde le Maître (Dieu). (318 ou peu après)
La thèse d'Eusèbe de Césarée avait reconnu la thèse d'Arius partiellement. (vers 330-340)
Des actions vigoureuses sont à faire contre ceux qui n'ont pas été fidèles ... au moine Arius approuvé unanimement pour la troisième fois par un concile.(entre Pâques 358 et fin 359 )

Quatre triades de "recommandations de comportement "

Lis les Saintes Ecritures
Fais prospérer ta maisonnée en multipliant (= en défrichant) les terres.
Fait en sorte que tu vives au-delà de ta mort le bien-être au Ciel ( = gagne le paradis par ta conduite).
Recherche la finesse des sens et de l'esprit, la grandeur d'âme, la précision des gestes (triade probablement apochryphe).

Sept triades sur les signes matériels des rites chrétiens

Les gens mariés sont reconnus à un petit anneau en or.
On met un nimbe de gloire (= halo doré réduit plus tard à l'auréole) pour représenter les martyrs. (Peu après 313)
Il y a des petits autels pour louer le Père, et pour rappeler une promesse à Dieu.
Autour du coeur des lieux de culte des guirlandes en laurier sont accrochées.
Il n'y a pas de dieux Lares, et même aucune représentation de Dieu dans les lieux de culte.
Grâce à l'ajout d'un petit autel dans les lieux de culte, il y a des senteurs d'encens venant du brûlage de l'encens.
Le crucifié (= le crucifix), est porté dénué de tout ornement. (343 ou peu après)

Quatre triades de contestation des déviances des hommes au pouvoir

Les régnants bafouent les Tables de la Loi. 
Chaque volontaire de l'armée originaire du côté maure était un homme enlevé de force.
On est contre ceux combattants à la catafalarique. ( = catapulte pour javelots avec mèche enflammée, c'était une arme fort destructive pour les villages en bois).
Il est contraire à la loi divine de mettre ses forces au service des militaires. ( = objection de conscience).

Neuf triades sur les " lois " soutenues par les chrétiens 

Seront considérés fraudeurs ceux qui ont cherché l'argent avec des taux d'intérêts trop élevés.
Toute personne conduite à la foudre de la hache aura l'âme sauvée par Dieu.
Tout prisonnier est conforté par la garantie qu'il sera un jour libre.
Les moines captieux embrouillent les lois de base venant de Dieu. (vers 340-350).
Les Saturnales triviales ont été balayées. (en 354 ou peu après)
Tout en voyageant sur le rivage du Pont Euxin, dans la province d'Asia, vers le Nil , … Basile a écrit une thèse hors de la ligne normale (entre 358 et fin 359)...
...alors que, tout en étant affaibli par ses poings et ses pieds enchaînés,... Saint-Paul, dans ses lettres, abroge des lois juives anciennes, et en conçoit avec soin des nouvelles.

PARTIE FAITE PAR STEVELUS, fils de STEVUS en l'an 359


Trois triades pour établir la liaison entre la partie faite par STEVUS et celle faite par STEVELUS

Il (= Dieu) nous éclaire; on vénère le Christ; Il (=Le St-Esprit) nous inspire. (Par cette première triade similaire à la première triade de STEVUS, le fils exprime qu'il reprend la main)
Lis le livre de Tobit traitant des yeux de son père remis totalement en lumière. (métaphore pour dire que STEVELUS va faire la clarté sur l'oeuvre de son père)
Je prenais le surnom STEVELUS. (C'est une triade de montagnes entre la villa de STEVUS et celle du fils de STEVUS )

Quatre triades de signature de l'œuvre entière

C'est par STEVELUS, et de sa chère main, que sont parachevés,…en l'année 359 de Notre Père,…les noms, regroupés par trois, …..d'un ensemble de 123 villages.

Une triade suggérant un lien entre Hélène ( mère de l'empereur Constantin décédée en 328), et STEVUS (décédé en 358 ou 359)

Bien à vous, chers Hélène et Stevus (C'est fait comme un hommage posthume sous forme de triade de montagnes à Caixas; le mont Hélène est bien visible d'Elne, donc c'est probablement une astuce de STEVELUS pour dire que son père avait agit pour donner aussi un nouveau nom à la capitale locale).
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RAPPELS SUR LES CONTEXTES HISTORIQUE, RELIGIEUX, LINGUISTIQUE ET MINIER 


RAPPEL DU CONTEXTE HISTORIQUE DU 3e AU 9e SIECLE
 
Voici une synthèse résumée des chapitres de divers ouvrages historiques relatifs au contexte historique de l'époque de STEVUS, et des siècles suivants jusqu'au 9e siècle.
Il est nécessaire de couvrir cette longue période pour comprendre ce qu'il est advenu de l' "écrit" de STEVUS et STEVELUS. 

Empire Romain
Au début du 4e siècle les Romains étaient maîtres du Roussillon, et des vallées y convergeant, depuis plus de quatre siècles. Ces contrées faisaient alors partie de l'Empire Romain. Parlant de leurs habitants les historiens les considèrent en général comme des gallo-romains, parce que les auteurs latins mettent la frontière Sud de la Gaule aux crêtes pyrénéennes ; mais certains auteurs cependant considèrent qu'ils étaient des " ibéro-romains ", du fait de la culture ibérique de leurs ancêtres. Bien avant le 4e siècle, le latin était devenu la langue courante des habitants, avec probablement un accent particulier et peut-être quelques mots d'usage courant conservés de l'ibère ou du celte, et latinisés.
Dans l'organisation romaine, le Roussillon, et une grande partie du bassin des rivières qui y passent, formaient la "Civitas Ruscinonensis " (" Pays de Ruscino"). Elle-même était incluse dans la province de la Narbonnaise qui comportait la côte du Golfe du Lion de Cerbère au Var avec un large arrière pays.

Il y a quelques représentants de Rome à la tête des provinces de l'Empire. Le droit romain est écrit, et l'essentiel de ce droit est commun à l'Empire.
Quelques grands domaines ont été attribués, dans les siècles précédents, à des vétérans de l'armée romaine, sorte de colonisateurs. Mais pour le 4e siècle les historiens parlent de territoires et de populations bien intégrés à l'Empire.
La région n'est alors concernée par aucune guerre. Malgré les signes de faiblesse, et les guerres avec des peuples extérieurs à l'Empire (Francs, Goths, Huns, Perses,...), qui commencent à devenir inquiétantes, à cause d'invasions locales,  l'Empire romain est encore à son apogée.
Le christianisme s'est beaucoup développé dans l'Empire en fin de 3e siècle. Et le fait qu'au tournant du siècle, sous l'empereur Dioclétien, il y ait encore des persécutions de chrétiens constitue un fort potentiel d'instabilité intérieure. N.B. Le thème du christianisme est approfondi plus loin.

Cependant de 313 à 360 il y a une relative stabilité politique grâce à un empereur puissant, mais non despote, CONSTANTIN Ier qui règne de 306 à 337.
Il reçoit d'abord en 306 le pouvoir sur un quart de l'Empire (Les Gaules), puis il contrôle la moitié occidentale de l'Empire à partir de 312, et tout l'Empire après 323.
Sa politique est poursuivie par ses 3 fils, CONSTANTIN II, CONSTANS I et CONSTANCE II. Ceux-ci se succèdent pour ce qui concerne l'autorité sur les Gaules; (337-340 pour le premier, 340-350 pour le second qui est tué à Elne, 350-360 pour le troisième, mais CONSTANCE II était déjà empereur d'Orient depuis 337) .

Le Royaume des Wisigoths
Voici les évènements importants :
235- 376  Le peuple goth venant initialement de Suède et des environs envahit la Dacie près de la Mer Noire. Il s'y installe et tente à plusieurs reprises d'envahir des territoires de l'Empire romain, mais ce n'est qu'en 376 qu'ils réussissent à occuper des territoires romains.
341   Conversion des premiers Wisigoths à l'arianisme par l'évêque Ulfilas qui a traduit la Bible en langue des goths.
376- 410  Divers épisodes conduisent progressivement les Wisigoths jusqu'au pillage de Rome.
410- 476  Les Wisigoths progressent vers la Gaule et la péninsule ibérique, y conquièrent progressivement un large territoire avec l'accord de fait des empereurs de l'Empire romain décadent.
476  Fin de l'Empire Romain d'Occident; le royaume des Wisigoths est le plus au Sud-Ouest d'un ensemble de royaumes résultants des conquètes des peuples que les Romains appelaient "barbares".
509    Bataille de Vouillé gagnée par les Francs qui gagnent les territoires entre Loire et piémonts des Pyrénées sur les Wisigoths qui gardent  un grand Royaume sur les 2 côtés des Pyrénées, l'actuel  Languedoc et la péninsule ibérique
589   Le roi Wisigoth se convertit de l'arianisme au catholiscime, mais la partie Nord-Est de son royaume reste majoritairement encadrée par des seigneurs ariens.
A partir de 711, les Maures envahissent, puis prennent le pouvoir sur les territoires du Royaume des Wisigoths. Des prétendants au trône résistent dans les Asturies et en Gallia Gotia, ou Gothie (région wisigothe, que les Francs ont nommé un moment Septimania, aux contours assez proches des limites de la région Languedoc-Roussillon).

Les Francs carolingiens et la Marche d'Espagne
Les troupes franques commandées par Charles Martel ont repoussé les Maures dès 732 vers Poitiers, mais ne l'ont fait vers Narbonne qu'autour de 759. De plus dans le Roussillon et les territoires l'entourant jusqu'à Barcelone la situation est restée encore indécise pendant le dernier quart du 8e siècle. Le passage des Normands y contribue. La plaine trop insécure est à l'abandon.
Après avoir repoussé les Maures, les Francs conservèrent les entités administratives déjà établies par la tradition ethnique et culturelle du pays. Ce furent les Comtés carolingiens regroupés dans une "Marche d'Espagne", entre Salses et Barcelone, entre l'Empire de Charlemagne et la grande part de la péninsule ibérique occupée par les Maures. Il y avait 8 Comtés à la mort de Charlemagne en 814.
Charlemagne avait une suzeraineté sur cette Marche d'Espagne, mais, initialement, il avait laissé l'autorité comtale à l'aristocratie locale. Ainsi les familles qui avaient le pouvoir réel à la tête des Comtés conservèrent une certaine autonomie politique. Les successeurs de Charlemagne de 814 à 865 durent intervenir sur le choix des hommes au pouvoir.
Le comte Wilfred le Velu (né vers 840 - mort en 897) au pouvoir à partir de 865 est considéré comme l'initiateur des valeurs morales et temporelles qui ont conduit à l'identité catalane. En effet sous son règne commença un nouvel ordre politique après une fusion progressive des Comtés ayant préparé le futur Comté de Barcelone, clairement porteur de cette identité pendant 6 siècles environ. 
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RAPPEL DU CONTEXTE RELIGIEUX DU 3e AU 9e SIECLE

Le Christianisme dans l'Empire romain au 4e siècle
Inspiré peut-être par Hélène, sa mère chrétienne, mais surtout sous la poussée du nombre croissant de chrétiens, l'empereur CONSTANTIN a fait promulguer à Milan en 313 un édit de tolérance religieuse, puis en 324 il a fait du christianisme la religion de l'Empire. Auparavant il avait déjà mis fin aux persécutions des chrétiens.

Le début du 4e siècle semble l'époque où le Roussillon est devenu majoritairement chrétien. C'est aussi l'époque d'un développement économique qui n'aura d'égal pour ce pays que celui de l'époque des Rois de Majorque. Une des conséquences est la rénovation de la ville d' Illiberis dans les années 320 à 340.
C'est entre 328 et 350 qu'elle redevient la capitale régionale, et qu'on lui donne le nom de Castrum Elena en l'honneur de la mère de l'empereur Constantin, Hélène. Celle-ci avait été spécialement honorée par Constantin qui l'a fait "impératrice-mère" peu après avoir fait du christianisme la religion de l'Empire. Hélène sera béatifiée plus tard par l'Eglise.

C'est une époque où n'existent pas encore la distinction entre le " Catholicisme " et l'" Orthodoxie " au sens que nous leur connaissons aujourd'hui.
Par contre le Christianisme se cherche une " universalité " et une " orthodoxie ", et les débats corrélatifs sont initiateurs des futures formes "catholique" et "orthodoxe" du culte chrétien.

En effet empereurs et évêques sont confrontés à la "maîtrise" d'une masse de chrétiens grossissant rapidement sur des milliers de kilomètres. De plus vers 330-340, des " barbares " commencent à être convertis en très grand nombre, grâce en particulier au prêtre Ulfilas (traducteur de la Bible en gothique).
Il y a donc une immense problématique de maturation de la nouvelle religion : organisation du pouvoir temporel, et choix parmi des options relatives aux dogmes. Sur ces sujets il y a beaucoup d'initiatives de la part de prêtres ou de moines érudits. Les débats publics sur ces questions sont permanents; ils prennent parfois une dimension politique. Pour faciliter la conversion du plus grand nombre, des rites sont repris de religions antérieures, et adaptés; par exemple à partir du culte solaire de Mithra.

L'option la plus discutée au 4e siècle a été probablement celle concernant la nature du Christ et la nature du Saint-Esprit.
Un prêtre érudit Arrius, ou Arius, inspiré par les travaux d'Origène au 3 siècle, a provoqué le plus grand débat en proposant une option qui a conduit à l'arianisme. Pour les chrétiens ariens seul Dieu est de nature divine ; ils privilégient chez le Christ la nature humaine; celui-ci est le " second de Dieu", car il est soumis à la volonté divine.

D'abord condamné, en particulier lors du Concile de Nicée convoqué par CONSTANTIN en 325, l'arianisme devint l'option officielle de plusieurs empereurs. A commencer par CONSTANTIN lui-même dès 328 ; son fils CONSTANCE II est un arien convaincu, extrème et inflexible dans cette option. Entre 353 et 361 il fera tout pour que le christianisme de l'empire soit définitivement arien. Ses frères seront plus modérés acceptant en 338 le "semi-arianisme" qui avait été formulé par Eusèbe de Césarée. Mais jusqu'en 381, date du Concile de Constantinople, l'arianisme est plus souvent l'option du pouvoir que l'orthodoxie, sans compter les 18 mois de court règne de l'empereur JULIEN l'Apostat (neveu de CONSTANTIN) qui revint au culte du Soleil en 361.

Au moins 5 conciles, à Arles en 353, à Béziers en 356, à Sirmium en 357, renouvelé pour confirmation en été 358, et à Rimini et en Séleucie en septembre 359, consacrent l'arianisme comme l'option officielle pour le christianisme. Mais en 381 le concile de Constantinople adopte la consubstantialité de Dieu, du Christ et du Saint Esprit, symbolisée par la Sainte Trinité.
N.B. Attention ces ariens ne doivent pas être confondus avec les aryens, peuple d'Iran et d'Inde, dont le nom a été utilisé dans la propagande nazi.

Le Christianisme local du 5e au 9e siècle :

La thèse arienne a été mise à mal définitivement bien plus tard que le Concile de Constantinople. Car les peuples aux limites de l'empire décadent (fin de l'empire romain d'Occident en 476) sont restés chrétiens ariens après 381. Il a fallu encore d'autres conciles condamnant l'arianisme. La réduction de l'arianisme sur le terrain, est l'œuvre indirecte du grand stratège, Clovis, converti directement du paganisme au catholicisme, et vainqueur face à de nombreux rois de peuples ariens.
Mais il est resté le cas des Wisigoths venus s'installer dans le Sud de l'Aquitaine, dans la Narbonnaise, puis dans la péninsule ibérique en quelques années, après 412 (Roussillon en 414). Les pays sous le pouvoir des Wisigoths ont été officiellement ariens de 412 à au moins 589, date de la conversion du roi wisigoth Récarède au catholiscisme. Celui-ci aurait fait brûler les livres ariens

Mais dans les pays bordant la Méditerranée entre les Cévennes et la région de Taragonne, l'arianisme a probablement duré au moins jusqu'en 726 et même jusque vers 830-840 dans certains fiefs. Voici quelques preuves par des faits postérieurs à 589 :
- De nombreux conciles se tiennent apès 589 à Tolède. Certains vaient à l'ordre du jour l'objectif de conversion des ariens.
- Il y a eu de nombreuses révoltes de seigneurs ariens de la partie Nord-Est du Royaume des Wisigoths, contre le pouvoir du roi catholique à Tolède.
- L'évêque d'Elne après 589 n'était pas nommé par Rome.
- En 680 l'évêque de Carcassonne était un arien. 
- Le royaume de la Gallia Gotia  été dirigé par le roi arien Ardo, un prétendant au trône wisigoth jusque vers 726, pendant la période de domination maure.
- la plupart des chapelles et églises romanes catholiques ne sont consacrées que bien après le milieu du 9e siècle; alors que les quelques monastères catholiques semblent avoir été créés au début 9e siècle (Monastère carolingien de Saint-Estève existant en 843).
- les familles de l'aristocratie locale qui avaient le pouvoir réel à la tête des Comtés ont peut-être conservé une certaine autonomie religieuse; ce qui pourrait avoir permis une persistance de l'arianisme, jusque vers 830-850. Le comte Wilfred le Velu (pouvoir en 865 - 897) est catholique; il a été élevé à la cour du roi des Francs; il est peut-être le premier comte réellement catholique dans sa lignée. En tous les cas son oncle était Olivier de Carcassonne, nom d'un fief réputé comme très longtemps arien. 

- Les prêtres et moines catholiques qui sont venus avec les troupes carolingiennes avaient probablement une mission de " reprise en mains " non seulement après quelques dizaines d'années d'occupation par les Maures, mais aussi et surtout après les siècles d'arianisme considéré comme une hérésie par les Catholiques. Cette reprise en mains sur un plan religieux semble avoir pris d'effet progressivement vers 830-850, puisque il n'y a pratiquement pas d'archives avant ces dates et qu'ensuite les écrits connus sont établis par des autorités catholiques.

Réflexion personnelle sur le manque d'archives concernant le Code de STEVUS
Les Wisigoths avaient des lois écrites similaires à celles de Rome en particulier pour la gestion des propriétés. On peut donc supposer qu'ils rédigeaient des actes de propriétés. Pourtant il ne nous en reste rien au moins dans le territoire concerné par le Code de STEVUS. En conséquence il ne nous reste pratiquement pas de traces écrites des noms de lieux à l'époque wisigothique pour l'ensemble des villages stévusiens, à l'exception de Collioure. 
Après l'échec final de la thèse arienne vu ci-dessus, il n'y a rien d'étonnant à ce que cet épisode de l'histoire du christianisme ait été ensuite poussé vers l'oubli. Sont-ce les armées successives, maures, puis franques qui ont détruit et brûlé les centres administratifs clés du pays, ou simplement l'Eglise catholique qui a brûlé les archives de peuples considérés comme hérétiques ?  
Il est certainement encore très difficile aux historiens de répondre à cette question qui peut être importante du point de vue des racines des Catalans.
 
Réflexion personnelle sur l'arianisme et les lieux de cultes paléo-chrétiens en Roussillon-Conflent-Vallespir-Fenouillèdes
Sur le plan de l'histoire des premiers chrétiens le Code de STEVUS témoigne du fait que les premiers chrétiens de la Civitas Ruscinonensis ont été majoritairement " ariens " dès que l'arianisme est apparu. En effet ils ont été consentants pour adopter les nouveaux noms de villages proposés par STEVUS, qui affiche nettement son arianisme à travers plusieurs noms de villages, en particulier en donnant au futur village de Ria le nom d'" Arrius ".
Il est probable aussi que ces habitants sont restés ariens pendant les 33 années entre le Concile de Constantinople (381) et l'arrivée des Wisigoths (en 414). Sinon ils auraient certainement renié, au moins partiellement, les noms de villages, marqués directement par l'arianisme ; ces noms dataient seulement de la génération de leur pères ou grands-pères; il leur aurait été facile de revenir au nom précédent ou de rénover les quelques noms trop ariens (pour les actuels Ria et St Paul de Fenouillèdes. D'ailleurs on sait que les autorités de l'Empire romain décadent, qui avaient alors des soucis avec les " barbares " aux frontières, ont vraiment très peu poursuivi ceux qui affichaient leur arianisme malgré le fait qu'il était devenu une hérésie pour les autorités chrétiennes de l'Empire après 381.

Cet arianisme local, ainsi prouvé au temps de STEVUS, a donc duré en ces lieux au moins 400 ans (De 320 ou 328 à 726); et même probablement 500 ans, dans les fiefs des seigneurs demeurés ariens au début du 9e siècle.
Il m'apparaît donc probable que beaucoup des chapelles romanes, ont été construites là où les premiers chrétiens ariens avaient déjà installé leurs premiers lieux de culte chrétien. Je le prends même pour un fait très probable grâce au contenu du Code de STEVUS pour une vingtaine de chapelles dédiées à Saint Estève, qui ne semblent pas être dédiées à ce Saint par hasard.
Sur ce sujet les historiens disent en général que les premières chapelles chrétiennes ont été créées en grand nombre dès que le christianisme est devenu la religion de l'Empireromain . Il existe un texte du 4e siècle qui témoigne de l'existence d'une église (temple chrétien) à Castrum Elena (Elne) en 350 (texte sur la mort de Constans I). En Catalogne Sud il y a des églises chrétiennes en pierres datant de l'époque wisigothe. Les quelques traces de bases préromanes similaires dans certaines églises et chapelles du Roussillon donnent des indices que certains lieux du culte chrétien étaient à l'emplacement de certaines chapelles ou des églises romanes. Par ailleurs certaines phrases de STEVUS parlent clairement des lieux de culte. Rien ne laisse croire qu'ils ne soient pas construits en pierres.
N.B. Il sera souhaitable qu'une étude plus détaillée examine, sur des données archéologiques réactualisées, si dans tous les villages dénommés par STEVUS, il n'a pas déjà été créé, dès le 4e siècle, un lieu de culte chrétien exactement là où on sait qu'il y avait un tel lieu au 9e siècle. Les fondations préromanes ne seraient-elle pas du 4e siècle? 

Enfin, pour essayer de faire table rase sur certains clichés négatifs sur les ariens, je me permets d'ajouter que le vocable d'" hérétiques ", surtout avec ce qu'il a pris comme sens plus tard, n'est pas justifié pour les ariens qui vivaient avant 381 ; en effet le Concile de Nicée a été effacé par la réhabilitation d'Arius, et de sa thèse, moins de 3 ans après Nicée ; puis dans le long débat du milieu du 4e siècle, les chrétiens ariens étaient sur le même plan que d'autres chrétiens qui, eux, n'étaient pas encore catholiques ou orthodoxes, puisque ces mots n'avaient pas leur sens actuel. 
Ce vocable d' " hérétiques ", né des conciles qui ont condamné l'arianisme ne me semble pas non plus de mise aujourd'hui pour tous les chrétiens ariens, dans toutes les époques, recevaient les enseignement de la Bible,  honoraient les Saints chrétiens, comme les autres chrétiens; d'autant plus qu'ils ont grandement participé à l'extension du christianisme, en Espagne par exemple.
Par ailleurs il me semble erroné d'écrire, comme je l'ai déjà lu, que juste avant la construction de certaines chapelles romanes des siècles 9e à 12e , il y avait toujours des temples païens en leur place.
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RAPPEL DE QUELQUES DONNEES LINGUISTIQUES

Entre le moment où STEVUS a donné des nouveaux noms aux villages et le moment où les premiers moines carolingiens nous ont laissé des textes reprenant les noms de ces mêmes villages, il s'est passé localement sur le plan linguistique toute l'évolution qui a mené du latin à une langue vernaculaire plus proche du catalan que du latin.
Ces transformations ont déjà été analysées et modélisées par des linguistes selon une gamme de mutations de référence. Par exemple, la suppression des déclinaisons, le racourcissement de certains  mots longs par disparition de la syllabe atone,  le "d" latin entre deux voyelles devenant un son "z", les consonnes telles que "b" et "t" disparaissant dans certains cas entre deux voyelles, etc....
Ces transformations s'expliquent principalement par l'influence des wisigoths qui ont amené un accent et des façons de parler liées à leurs origines très différente de celle des populations locales.
Mais dans les transcriptions des noms par les moines carolingiens venus du Nord, il est normal qu'il y ait aussi une part d'erreur d'interprétation à l'oreille. Il est possible parfois de prouver cette erreur en retrouvant, dans les mentions en langue vernaculaire de la fin du Moyen Age, des noms de villages plus près des noms latins que ceux transposés par les érudits en latin entre le 9e et le 11e siècle.
Enfin il apparaît aussi clairement qu'en dehors de cette "érosion" naturelle des noms, les toponymes sont parfois remaniés par les autorités locales pour leur redonner un sens. Une autorité peut agir sur un toponyme plus facilement que sur un mot commun. 
Ainsi la linguistique permet d'étudier l'évolution de chaque toponyme de notre région ; elle peut  permettre de reconstituer les évolutions probables entre le 4e siècle et les environs de l'an 1000.    

RAPPEL SUR L'EXPLOITATION DU FER DES ENVIRONS DU CANIGOU DANS L'ANTIQUITE

Concernant le fer du Canigou, des sites où le minerai de fer est à fleur de sol ont été probablement exploités de façon très décentralisée et artisanale depuis la fin du 2e millénaire avant J.C., période probable de l'arrivée des Celtes dans la région.
Les historiens considèrent en effet que ce sont les Celtes qui ont apporté à cette époque l' " age du fer " en Europe Occidentale (Civilisation de Hallstatt).
Les Grecs, et avant eux les Phéniciens, semblent avoir acheté du fer du Canigou dans les siècles (7e à 3e avant J.C.) où ils possédaient la colonie d'Emporion.
En effet voici un témoignage de la richesse des lieux qui est probablement due à ces exportations de fer aux 6e et 5e siècle avant J.C. : " Aux confins des zones marécageuses (= côte du Roussillon), les flancs des Pyrénées sont un territoire organisé à la riche destinée, comme le rapporte Stetisse, et les habitants de Massilia y viennent régulièrement faire leurs échanges de commerce" selon la transcription qui me semble aujourd'hui la plus conforme au texte d'origine : "In sordiceni caespitis confinio quondam Pyrene civitas ditis laris, Stetisse fertur, hicque Massiliae incolae negotiorum saepe versabant vices."). A noter que ce texte du poète latin Aviénus retrouvé en très mauvais état fait encore l'objet de nouvelles traductions.
Par ailleurs, il est reconnu par les archéologues que certains sites du fer, dont ceux proches de Baillestavy, d'Estoher et de Corsavy ont été beaucoup exploités dès l'Antiquité. Mais une bonne trentaine  d'autres sites d'exploitation du fer à l'époque romaine sont connus. Des archéologues en ont dressé une carte.
Après leur arrivée au 2e siècle avant J.C., et pour satisfaire les besoins d'un Empire qui s'est élargi et enrichi, les Romains ont largement augmenté, grâce à leur sens de l'organisation efficace, la production sur les sites déjà exploités avant eux et autour de ces sites.

Remarque personnelle sur le fer au temps de STEVUS
La localisation et la densité de certains villages dénommés par STEVUS à des endroits où des mines et forges ont été attestées pour des périodes plus récentes tend à nous montrer que, en ces lieux, l'exploitation du fer existait dès l'époque de STEVUS. Par exemple ces 6 villages stévusiens autour de Sournia; ou bien ces 4 villages stévusiens sur le territoire de Glorianes.
Il y a un bon recoupement avec les sites des cartes des archéologues. 
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HYPOTHESES CONCERNANT STEVUS ET STEVELUS


LES INFORMATIONS SUR LES AUTEURS STEVUS ET STEVELUS

Dans ce chapitre et celui qui suit tout n'est qu'un ensemble d'hypothèses de ma part, sauf précision du contraire.
De plus toutes les dates qui suivent sont à prendre comme des résultats provisoires d'une étude des dates qui n'est pas terminée.

Famille, données identitaires
En ce début décembre 2007, les seules informations les plus certaines sur STEVUS sont :
- son existence grâce à ses deux résidences à Baillestavy (= " villa de STEVUS ") et à Corsavy (= " 2e résidence de STEVUS ")
- l'existence d'au moins un fils surnommé STEVELUS, grâce à sa signature par la triade d'Estagel et à la triade de montagnes entre Baillestavy et Estoher.
- la résidence d'un fils de STEVUS à Estoher (= chez le fils héritier de STEVUS ).
Donc ce peut être un seul fils, résidant à Estoher et se surnommant STEVELUS. C'est l'hypothèse que je préfère; STEVELUS est alors l'héritier de STEVUS.
S'il y a deux fils, on sait alors que l'aîné habite Estoher, et que le surnom STEVELUS (= petit STEVUS) irait mieux à un cadet.
J'opte pour STEVELUS, fils aîné de STEVUS, à cause de la triade de montagne sur la limite entre Baillestavy et Estoher.

Je n'ai pas encore réussi à rapprocher ces 2 ou 3 personnes de personnages connus par d'autres références historiques, ou cités dans des documents d'époque.
Mais il faut se rappeler que les gallo-romains en vue avaient comme les romains trois noms : un prénom, un patronyme et un surnom.
STEVUS et STEVELUS sont les surnoms
Et si je n'ai trouvé nulle trace de ces personnes; mais il faut préciser que nous n'avons paratiquement pas de textes mentionnant des personnages locaux du 4e siècle.

Ma datation provisoire des triades indique aussi que STEVUS a eu une période d'activité d'un peu plus de 50 ans entre les environs de 300-306 et la fin 358 ou le début 359.

Il est probable que STEVUS naît entre 280 et 290, puisqu'il fait  4 premières triades avant 313. En effet à cette époque au sein de familles riches on était un homme actif vers 18 ans. STEVUS est donc un homme jeune de 23 à 33 ans au moment de l'édit de tolérance (313). Et il n'a peut-être pas 30 ans au moment de la publication de la thèse d'Arius (318).
Du fait que son fils prend le relais en 359, et fait une triade sous forme d'épitaphe, et que STEVUS fait ses 6 dernières triades en 358 ou début 359, je pense que STEVUS meurt probablement en fin 358 ou début 359, donc vers 68 à 79 ans.
Ses enfants naissent donc probablement entre 305 et 335. Avec une probabilité forte que son fils aîné soit né entre 305 et 320. Donc STEVELUS a entre 39 et 54 ans quand il termine l'écrit en 359.

N.B. J'aurais pu avancer l'hypothèse d'une naissance de STEVUS située 5 ans plus tôt qui serait compatible avec une durée de vie jusqu'à 84 ans. Mais ce choix aurait impliqué la réalisation de 6 triades après 80 ans, ce qui m'a semblé peu probable.
On a vu que Baillestavy , de Corsavy et d'Estoher, les lieux de résidences de STEVUS et de son fils, sont des lieux où le fer était fortement exploité dans l'Antiquité.
Ces trois résidences indiquent que STEVUS est probablement le responsable des exploitations de fer des flancs du Canigou.
Il est donc probablement très riche et descendant de plusieurs générations d'exploitants du fer au moins à Baillestavy.
A ce point je précise que j'ai choisi d'exclure l'hypothèse d'un territoire reçu directement des autorités romaines par STEVUS, par exemple comme récompense de ses services. En effet au 4e siècle ceci me semble peu crédible. Une telle propriété est alors héréditaire. De plus l'exploitation du fer du Canigou constituait une richesse pendant l'Antiquité, elle n'a jamais dû cesser et donc il y avait forcément une certaine continuité des familles de propriétaires exploitants avant STEVUS, au moins aux 2e et 3e siècles.

L'homme jeune

STEVUS doit être le premier de la famille à adopter jeune la foi chrétienne, car le christianisme s'est répandu notoirement dans la région vers 260-300, donc vers l'époque de sa naissance. Il se peut qu'il ne se soit déterminé à devenir chrétien qu'à l'adolescence vers 300. Les années 300-306 représente la période des dernières persécutions intenses attestées dans la région. STEVUS prenait donc un risque personnel à être chrétien. J'en conclu qu'il n'a pas été chrétien par simple opportunisme en écho au fait que où les ouvriers devaient être conquis par la nouvelle religion.

Parmi les 5 triades parlant des persécutions avant 313, il y en a 3 qui semblent au présent, et 2 au passé. J'interprète cela en faisant l'hypothèse que les 4 premières ont été faites à un moment où les persécutions avaient encore lieu ou bien n'étaient pas encore franchement abolies. On peut mettre ce "tournant" vers 308. STEVUS aurait alors pu commencer dès 300 autour de ses 18-20ans. Ce serait une réelle prise de risque de sa part.
Et même si STEVUS n'a commencé à faire ses triades qu'après 306, le risque de l'engagement pour la cause chrétienne demeurait, car le christianisme n'était pas encore officiellement toléré.

Il a choisi STEVUS comme surnom (" cognomen " en latin). Ce surnom est probablement le prénom familier local issu du prénom romain Stephanus. Ce dernier prénom transposé du nom grec Stephanos, traduction en grec du nom du premier martyr chrétien cité dans la Bible; celui-ci est connu aussi de nos jours sous les noms de St Estève, ou St-Etienne, ou St-Stéphane, ou St-Estèphe.  Peut-être le fait-il parce que ce Saint serait déjà le Saint patron des hommes travaillant la pierre et le sol , parce qu'il a été lapidé. A moins que ce soit STEVUS lui-même qui soit à l'origine de cette coutume connue comme très répandue au Moyen Age!
Si quelqu'un appelait une personne prénommée, ou surnommée, Stevus, l'appel était en fait "Steve!". On comprend bien que ce prénom ait pu devenir Estève localement, et Steve dans certains pays.

Avant que son père lui passe la main sur ses exploitations principales autour de Baillestavy, STEVUS est probablement en charge de relancer ou d'améliorer l'exploitation du fer dans des endroits éloignés ou nouveaux. Il semble commencer par la basse vallée du Llech (lieu-dit "Ferrières") et au-dessus de l'actuel "Clos de Pomers". A cet endroit il est probable qu'il créé des villages nouveaux pour les ouvriers en défrichant les terres sur lesquelles les gens des villages se nourriront.

STEVUS a alors probablement l'idée de marquer sa foi en donnant à trois premiers villages des noms évoquant la Trinité ( Dieu le Père, Jésus le Fils et l'Esprit saint). Cette Trinité, pas encore consubstantielle vers 300-310, était déjà chantée dans les " gloriae " par les chrétiens depuis les environs de l'an 200.
Mais cette évocation reste indirecte, probablement par prudence, car les persécutions étaient, au moins théoriquement, encore possibles.
Les noms donnés (Clara ou Clarat, Senioris , Aspira ou Aspirat) sont devenus, au fil du temps, Clara, Seners en catalan ( puis St-Jean de Sanès), et Espira de Conflent. Au moment de donner ces 3 noms, Estoher entre Espira et Seners n'existe pas encore, puisque Estoher est d'abord une résidence de STEVELUS créée plus tard.

Simultanément à ces trois villages, il est probable que STEVUS a créé un lieu de culte chrétien dans chacun de ces 3 villages. J'en veux pour preuve le fait que deux églises (à Clara et à Espira) sont, au Moyen Age, dédiées à St-Estève, le Saint dont STEVUS a choisi de porter le nom. Celle de Clara est à l'emplacement de l'actuelle Chapelle St Estève de Pomers. Celle d'Espira n'existe plus.
Par contre pour Senioris, le village portant le nom du Seigneur(Jésus), le Saint du premier lieu de culte chrétien local a été Saint Jean Baptiste. Le Saint qui a baptisé Jésus. Ce ne semble pas un hasard.
La première chapelle Saint Estève à Clara est créée près de mines; l'une de ces mines est encore visible. J'en déduis qu'il est probable que le premier village de Clara ait été juste au pied de cette chapelle. Ses terres principales pouvaient être juste en dessous, sur l'actuel Clos de Pomers. Une voie, qui peut-être romaine, y passait et on y a récemment trouvé un puit romain.

N.B. Il me semble intéressant de faire ici une parenthèse sur le destin de Clara premier village nommé par STEVUS et signifiant " Dieu " :
Je pense que le nom " Pomers " est né dans un latin vernaculaire de l'époque wisigothique dans une expression proche de " Pols muers " signifiant "pulsations de mort"(= tremblement de terre) en témoignage d'évènements sismiques survenus en ce lieu situé sur une faille majeure. Au Moyen Age un pan de montagne a dû s'effondrer là comme semblent le montrer le relief et les centaines de rochers visibles du côté de la chapelle St Estève de Pomers actuelle. Mais un érudit carolingien a transcrit ce nom en latin "pommarium" = "verger" puis "pommiers" !. L'augmentation progressive de l'intensité des tremblements au Moyen Age et l'augmentation de la population semblent avoir décidé les habitants à s'installer plus bas dans le site actuel de Clara, et cela progressivement jusqu'au 11e siècle. Un tremblement de terre très mortel a dû décider les derniers survivants à créer les villages du Llech et Villerach vers 1000-1250, où ils ont créé des églises Saint-Sauveur; c'est ce nom très peu utilisé ailleurs, qui me fait faire cette hypothèse. On peut aussi penser que les moines établis, autour de 858, dans un château nommé "Castrum Sancti Stephani" près de la chapelle Saint-Estève de Pomers ont aussi à cause des sinistres abandonné ce castrum pour aller à Saint-Michel de Cuxa. J'en veux pour preuve que ce castrum est abandonné pendant 2 siècles et que toute trace de ce castrum disparaît après l'énorme tremblement de terre de 1428. Les fondations visibles au dessus de la Chapelle sont celles de la tour à signaux qui peut avoir été hors du castrum.

Cette première triade (trois villages Clarat, Campus Senioris, Aspirat) donne probablement l'idée à STEVUS d'en faire d'autres.
La triade suivante est probablement celle du Haut-Vallespir; je suis mon hypothèse d'un père de STEVUS qui le fait travailler sur des exploitations nouvelles et/ou éloignées de Baillestavy. On peut imaginer qu'à cette époque STEVUS s'installe à l'endroit du futur Corsavy  pour être plus proche de ses exploitations du Vallespir. Les trois villages qu'il créés ou renomment là sont les villages qui deviendront Montferrer, de Maniaquès et Cabrenç (village disparu près de Lamanère et dont le toponyme est resté lié jusqu'à nos jours à un château médiéval en ruine).

Les triades suivantes sont celles de villages qui sont plus proches du quartier général du père et donc probablement dans un vaste domaine déjà possédé probablement par le père de STEVUS.
Il y a celle de 3 villages, Sofrunys, Crosès et Arenianès, aujourd'hui disparus sur le territoire de Glorianes. Puis il y a celle des 3 villages devenus Rigarda, Joch et Sahilla.

Par contre les triades suivantes sont de l'autre côté de la vallée de la Têt. Là STEVUS n'est peut-être plus dans le domaine familial. Ce qui expliquerait qu'il ait attendu la fin des persécutions pour les évoquer au passé à cet endroit. Il forme une première longue phrase sur 2 triades en dénommant 6 villages miniers autour de l'actuel village de Sournia, village qui ne sera probablement créé que plus tard, vers 350. 

L'homme mûr
C'est juste après l'édit de tolérance de Milan (313) que STEVUS fait une triade dont on peut penser, vue son étendue, qu'elle n'est plus dans le domaine paternel. Mais elle peut cependant rassembler des points miniers éloignés les uns des autres encore possédés par la famille. Ce sont les villages qui deviendront Arboussols, Mosset et Nohèdes qui vont être utilisés pour la première fois en relation avec un évènement ponctuel important pour les chrétiens.

Quand arrive le débat initialisé par les écrits du prêtre ARIUS ou ARRIUS, datant de 318, STEVUS affiche son choix pour la thèse arienne en donnant six noms de villages au cœur même du Conflent autour de l'actuel Prades, village qui n'existait pas à ce moment là. On peut voir en Annexe 1 que le "ri" de Ria a pour origine le "ri" du nom ARRIUS. En effet Ria était nommée Arrianum en latin du 9e siècle, c'est à dire "domaine d'ARRIUS". Il est probable que son nom stévusien en latin était "Arrius", ou peut-être "Arriithesa" (= la thèse d'Arrius). Maintenant il est certain que les villages nommés ne sont plus dans le domaine familial.  
STEVUS continuera à faire des triades sur ce thème de l'arianisme dès qu'un évènement notable se produira (voir les triades où se situent Aytua, Bages, St- Paul de Fenouillèdes)

On peut estimer que certains des villages existaient déjà. Donc STEVUS obtient de les changer de nom. Comment ? Je pense que son aura personnelle, mais aussi probablement son financement des lieux de culte, lui permettent de convaincre les habitants des villages d'adopter les nouveaux noms de leurs villages. Quand nous trouvons aujourd'hui des villages ayant des noms d'origine celte (exemple : Conat, Tarerach, Villerach) c'est qu'à ces endroits il n'y avait à l'époque qu'un lieu-dit, ou un village abandonné, sans intérêt pour STEVUS. A moins qu'il y ait eu des récalcitrants.

Progressivement et en continuité territoriale, son œuvre de " baptême " des villages va tendre à couvrir tout le territoire de la zone administrative dont il fait partie, à savoir la " Civitas Ruscinonensis ".
Il est difficile de dire quelles sont ses dernières triades. Mais la position de la première triade de STEVELUS fait penser que STEVUS a fait encore dans l'année avant sa mort 6 triades (voir Annexe 2):
- les deux triades liées, évoquant encore l'arianisme, situées au Nord de Sournia, datées forcément de fin 358 ou début 359
- les deux triades liées près d'Elne et concernant Saint-Basile qui datent forcément d'après 357. 
- les deux triades liées à Saint-Paul autour de Perpignan, car elles font écho dans leur sens et leur composition aux deux triades précédentes concernant Saint Basile.

Nul doute qu'un homme qui est arrivé à ce niveau d'influence est au moins couvert dans son œuvre par le pouvoir en place, s'il n'en fait pas lui-même partie.
C'est pourquoi il m'apparaît très probable qu'il ait suggéré lui-même à l'Empereur de donner à la ville d'Illibéris le nom d'Helena, la mère de Constantin, célèbre pour sa foi chrétienne; avant sa mort vers 80 ans et vers 328, elle est allée comme "impératrice mère" à Jérusalem retrouver la croix du Christ.
Mes arguments sont d'une part la proximité de dates entre celle des premiers changements de noms de villages près d'Illibéris (voir triades d'Ortaffa et de La tour-Bas Elne) et celle de l'abandon du nom d'Illibéris, d'autre part l'épitaphe ("Valete  Helena et Steve") commune à HELENA et STEVUS faite par STEVULUS (3 montagnes vers Caixas: Valette, Helène, Esteva).
Ainsi plusieurs indices me font penser que ce n'est pas sous Constantin que le nom d'Illibéris a changé, mais plutôt sous son fils Constans I entre 340 et 350, soit peu de temps avant sa mort en ce lieu qui devait lui être cher puisqu'il venait s'y réfugié poursuivi par son assassin.
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Le fils STEVELUS prend le relais
Quand STEVUS meurt en 358 ou 359, il n'a pas fini de baptiser tous les villages de la Civitas de Ruscino. Son fils STEVELUS se sent probablement obligé, peut-être parce qu'il l'avait promis, de finir l'œuvre de baptême des villages.
Par ailleurs il est probable que beaucoup de changements de noms étaient projetés depuis l'époque où le nom de la capitale locale Illiberris avait été changé. 

STEVELUS commence alors volontairement par une triade ressemblant à la première triade de son père pour bien marquer où il débute. Puis il fait la triade de Tautavel qui fait l'allusion à la meilleure vision du père. Par cette triade il exprime par une métaphore sa volonté de faire son devoir vis-à-vis de son père (thème du Livre de Tobit), et de rendre visible l'œuvre de son père.
Il fait alors les 4 triades de signature comme on termine un document administratif.

Donc STEVELUS baptise 18 villages au plus tard en fin 359; peut être tous en même temps. Je pense que les villages étaient déjà " préparés" au changement de nom, car le but de STEVUS devait être de couvrir toute la Civitas de Ruscino. En hommage à STEVUS qui venait de décéder  il ne devait pas y avoir de problème à obtenir l'adhésion des habitants.

Il est probable qu'il fait les triades de montagnes en même temps que la signature ou juste un peu après pour finir de donner de la clarté à ce qui a pu être fait vite après la mort de STEVUS.
Ainsi, pour moi, STEVELUS a voulu indiquer ainsi le fait que le fils de STEVUS (cf. nom d'Estoher) et STEVELUS sont la même personne, que STEVUS est mort et que STEVUS a fait donner le nom de Castrum Elena. En effet il semble s'être arrangé pour que le Mont Helena soit la montagne méritant bien ce nom étant la montagne bien formée la plus proche d'Elne.

Personnalités
A travers son œuvre on peut déduire que STEVUS était probablement une forte personnalité, à l'esprit entrepreneur et au charisme élevé. C'est un homme informé et cultivé. Il recherche la perfection et la pureté morale. Et c'est un fervent chrétien.
STEVELUS a probablement des qualités similaires. Sa façon de signer et les deux triades de montagnes le font paraître plus méthodique que son père.

Le domaine de STEVUS
Je termine sur la définition du domaine appartenant à STEVUS sur les flancs Nord et Est du Canigou correspondant aux vallées affluents de la Têt.
Il correspondait probablement aux communes actuelles de Baillestavy, Valmanya, Clara-Villerach, Espira, Estoher, Glorianes, Finestret, Joch, Rigarda, Prunet et Belpuig, Caixas, Casefabre, Saint-Michel de Llotes  La Bastide, Corsavy, Montferrer et la haute vallée du Tech et de ses affluents, et peut-être Sournia et Rebollet .
Je dis cela pour 3 raisons :
- Les villages des 6 premières triades qui semblent avoir été faites avant la tolérance religieuse de 313.
- La densité forte de chapelles St-Estève dans ces villages.